La pétition de l’ADAT déposé à l’Assemblée nationale du Québec

Journal des débats de l’Assemblée nationale
Version finale

36e législature, 1re session
(2 mars 1999 au 9 mars 2001)

Le mardi 30 mars 1999 – Vol. 36 N° 13

Dépôt de pétitions


  • Dépôt de pétitions
  • Au dépôt de pétitions, M. le député de Papineau.
  • M. MacMillan: Oui, M. le Président. Je demande le consentement de cette Assemblée nationale pour déposer deux pétitions, s’il vous plaît.
  • Le Président: Il y a consentement, M. le député de Papineau.
  • Permettre la mobilité de la main-d’oeuvre dans le domaine de la construction entre le Québec et l’Ontario
  • M. MacMillan: Merci, M. le Président. La première, je dépose l’extrait d’une pétition adressée à l’Assemblée nationale du Québec par 892 pétitionnaires, citoyens et citoyennes de l’Outaouais.
  • «L’intervention réclamée se résume ainsi:
  • «Afin de conserver notre emploi et notre dignité, le gouvernement du Québec se doit d’éliminer toutes les barrières empêchant la libre circulation des travailleurs de la construction du Québec et de l’Ontario. Nous demandons que le gouvernement nous écoute une fois pour toutes.»
  • Je certifie que cet extrait est conforme à l’original de la pétition, M. le Président.
  • Le Président: Merci, M. le député, vos pétitions sont déposés. Est-ce que vous avez…
  • M. MacMillan: J’en ai une deuxième, M. le Président.
  • Le Président: C’est parce que je pensais que vous aviez fait les deux en même temps. Alors, allez-y.
  • M. MacMillan: Je dépose l’extrait d’une pétition adressée à l’Assemblée nationale du Québec par 619 pétitionnaires, citoyens et citoyennes de l’Outaouais.
  • «Les faits invoqués sont les suivants:
  • «Attendu que le gouvernement de l’Ontario s’apprête à prendre des mesures pour obliger le gouvernement du Québec à enlever toutes les restrictions qui rendent l’accès difficile à l’industrie de la construction pour les travailleurs ontariens;
  • «Attendu que les travailleurs québécois travaillent sans aucune restriction dans la province de l’Ontario;
  • «Attendu que, si les négociations échouent, nous, travailleurs de la construction résidents de la province de Québec, serons forcés à déménager dans la province de l’Ontario;
  • «L’intervention réclamée se résume ainsi:
  • «Nous, soussignés, supportons la démarche des membres de l’ADAT pour obtenir une zone limitrophe, zone tampon, pour la région de l’Outaouais. Cette zone permettrait de garantir les emplois de ces travailleurs.»
  • Je certifie que cet extrait est conforme à l’original de la pétition, M. le Président.

o     

o    Permettre la mobilité de la main-d’oeuvre dans le domaine de la construction entre le Québec et l’Ontario

  • Mobilité de la main-d’oeuvre dans le domaine de la construction entre le Québec et l’Ontario
  • M. Norman MacMillan
  • M. MacMillan: Merci, M. le Président. Déjà deux semaines qui sont passées depuis que nous avons demandé à la ministre de l’Emploi et du Travail des solutions au problème de la mobilité des travailleurs de l’Outaouais et d’Argenteuil qui travaillent en Ontario. Mme la ministre nous avait répondu alors qu’il y avait un comité qui serait formé d’intervenants du milieu, l’ACO, l’APCHQ, la Commission de la construction du Québec, sans la présence des travailleurs autonomes et sans la présence des députés de la région de l’Outaouais. Depuis ce temps, aucune rencontre de ce comité bidon.
  • Ma question à la ministre: À part ce comité bidon là qui n’a eu aucune réunion depuis deux semaines, comment la ministre entend-elle régler le problème des 6 000 travailleurs de l’Outaouais et d’Argenteuil?
  • Le Président: Mme la ministre d’État au Travail et à l’Emploi.
  • Mme Diane Lemieux
  • Mme Lemieux: Alors, M. le Président, on a beaucoup fait ces dernières semaines et ces derniers mois du côté du Québec, et je dirais que, pour régler ce problème de la mobilité de la main-d’oeuvre dans l’industrie de la construction, il faudra s’assurer d’être deux partenaires pour négocier. Or, à ce moment-ci, l’Ontario ne bouge dans aucun des dossiers, alors que le Québec a fait passablement de compromis.
  • Deuxièmement, je rappellerais au député de Papineau qu’il faudrait distinguer les choses. Il y a bien sûr cette entente de mobilité de la main-d’oeuvre qui a été signée en 1996, mais il y a aussi un autre débat dans lequel le député de Papineau ne devrait pas nous entraîner, c’est-à-dire celui de mettre en péril le régime de qualification que nous nous sommes donné au fil des ans. Je ne crois pas, M. le Président, que les Québécoises et les Québécois apprécieraient qu’à partir de maintenant il n’y ait plus de qualification qui soit assurée, qu’on ne soit pas assuré que les travailleurs de la construction aient une compétence qui soit reconnue pour travailler dans nos maisons et dans les chantiers de construction.
  • Une voix: Bravo!
  • Le Président: M. le chef de l’opposition.
  • M. Jean J. Charest
  • M. Charest: En additionnelle, M. le Président. La crainte du caucus de l’opposition officielle sur la déclaration de la ministre, quand elle dit qu’il ne faut pas mettre en péril le régime de qualification, c’est qu’il risque peut-être de se régler autrement, avec des travailleurs qui vont déménager en Ontario pour faire leur vie là à la place.
  • Moi, j’aimerais demander au premier ministre aujourd’hui, compte tenu de l’urgence, compte tenu du fait que depuis le mois de décembre le gouvernement de l’Ontario a dit clairement que le 1er avril, c’était la date butoir, qu’ils avaient l’intention de bouger, qu’ils l’ont dit dans leur discours du trône, en 1996, que ça fait 30 ans que ça existe comme contentieux malgré l’entente de 1996, malgré l’entente de 1993… M. le Président, comme sa ministre n’est pas capable de régler le problème, ne semble pas le comprendre, ne semble pas capable de faire avancer les intérêts du Québec, est-ce que le premier ministre va aujourd’hui communiquer avec son vis-à-vis ontarien pour lui demander de s’asseoir avec lui et régler ce problème-là au nom des 6 000 travailleurs de la construction du Québec?
  • Des voix: Bravo!
  • Le Président: M. le premier ministre.
  • M. Lucien Bouchard
  • M. Bouchard: M. le Président, je pense que la ministre a affirmé avec beaucoup de justesse la nécessité de maintenir un modèle de qualification qui a fait ses preuves au Québec, le modèle des qualifications professionnelles dans le domaine de la construction. Nous voyons bien que, face à un autre modèle, qui est différent, il y a lieu de trouver des façons d’arrimer les régimes. Donc, nous y travaillons très positivement, en ce qui nous concerne. Nous commençons à comprendre mieux pourquoi le chef de l’opposition, durant la campagne électorale, a choisi le modèle ontarien.
  • Des voix: Bravo!
  • Le Président: M. le chef de l’opposition.
  • M. Jean J. Charest
  • M. Charest: Est-ce que le premier ministre va prendre ses responsabilités, au lieu de parler de modèle aux 6 000 familles de l’Outaouais qui dépendent d’un membre de leur famille pour gagner leur pain et leur beurre? Est-ce qu’il va prendre ses responsabilités et communiquer avec son vis-à-vis de l’Ontario, M. Harris, et s’asseoir avec lui pour régler le problème, ou est-ce qu’il va juste nous parler de modèle jusqu’à la file d’attente au bureau de chômage ou à la frontière de l’Ontario, M. le Président?
  • Le Président: M. le premier ministre.
  • M. Lucien Bouchard
  • M. Bouchard: M. le Président, c’est justement avec notre ami commun, M. Harris, que je me suis assis pour signer cette entente qui existe, une entente qui compte parmi les plus élaborées du genre que le Québec ait jamais signées et qui doit maintenant subir le feu de l’application. Alors, c’est tout à fait normal que des ententes aussi complexes, lorsqu’il s’agit de régler des contentieux qui ont des enjeux considérables, doivent traverser quelques difficultés. Ce que j’apprécierais, c’est d’avoir l’appui de l’opposition dans cette démarche où le Québec défend les intérêts du Québec. Je compte sur M. Harris pour défendre les intérêts de l’Ontario, c’est tout à fait légitime.
  • Et il m’est arrivé très souvent de communiquer avec M. Harris dans les dossiers qui le nécessitaient, et je n’exclus pas l’opportunité, comme j’en ai saisi mes collaborateurs ce midi, de communiquer avec lui au sujet de ce dossier encore.
  • Le Président: M. le député de Marquette, en principale.

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