Des fonds US $ pour l’ADAT

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Le Droit – Samedi 1 mai 1999
MATHIEU TURBIDE
L’Association pour le droit au travail (ADAT), qui lutte contre la syndicalisation obligatoire, est financée par des Américains en guerre contre les syndicats. L’ADAT a déjà reçu 10 000 $US et s’apprête à en recevoir davantage. Par ailleurs, le gouvernement du Québec entend porter plainte contre l’Ontario dans le dossier de la mobilité des travailleurs de la construction.
L’ADAT ne s’en cache pas

Manifestant

Un agent de l’escouade tactique de la Sûreté du Québec repousse un travailleur québécois de la construction lors de la manifestation sur les ponts de la région. L’Association pour le droit au travail reçoit l’appui financier d’un groupe américain qui est en guerre ouverte contre les syndicats.

Des fonds américains soutiennent la cause
L’Association pour le droit au travail (ADAT), qui mène la lutte contre la syndicalisation obligatoire dans l’industrie québécoise de la construction, est financée par un groupe du sud des États-Unis en guerre ouverte contre les syndicats, a appris Le Droit.

Le président de l’ADAT, Jocelyn Dumais, ne s’en cache pas. Son association a déjà reçu 10 000 $US de l’organisation Right to Work Foundation (la Fondation pour le droit au travail). «Nous avons même reçu une lettre d’eux, en février dernier, nous promettant une autre contribution de 10 000 $US. Ils croient en notre cause et ils ont décidé de l’appuyer financièrement», explique-t-il.
Les contributions de la fondation Right to Work sont de loin les plus importantes de l’ADAT, admet M. Dumais. De fait, le don le plus important provenant de la région ou du Canada était d’environ 1600 $. «On reçoit beaucoup de contributions de partout au Canada, mais surtout des chèques de 50 $ ou de 100 $», fait-il remarquer.Curieusement, les appuis provenant de l’Outaouais québécois se font plus rares, déplorent les dirigeants de l’ADAT. «À part des entreprises comme Cro-Mex ou Brigil ,qui ont parlé publiquement pour nous, les appuis sont plutôt rares dans la région. Brigil, c’en est un qui nous a aidé en nous achetant des pages de publicité. (…) On essaie justement de susciter plus de dons dans la communauté de l’Outaouais en montrant qu’on reçoit de l’aide de groupes des États-Unis comme Right To Work», ajoute M. Dumais.

Selon lui, les compagnies de construction de l’Outaouais ont peur de s’associer à l’ADAT parce qu’elles craignent des représailles de la Commission de la construction du Québec. «Certaines compagnies se font harceler par les inspecteurs de la CCQ, parce qu’elles nous ont appuyés», soutient l’un des dirigeants de l’ADAT, André Gareau.
Il faut dire que la cause de l’ADAT coûte cher à défendre. L’association est maintenant devant la Cour suprême pour faire valoir le droit des employés de ne pas se syndiquer et de ne pas payer la contribution syndicale. Pour ce faire, l’ADAT a fait appel au prestigieux avocat montréalais Julius Grey. Au total, selon M. Gareau, les démarches devant les tribunaux ont coûté près de 100 000 $.
Les syndicats sautent sur l’occasion pour miner la crédibilité de l’ADAT.
«(…) Le mouvement Droit au travail (est) un groupe américain d’organismes anti-syndicaux qui ont dévasté les conditions de travail dans le sud des États-Unis et qui financent les efforts de Jocelyn Dumais pour détruire les lois du travail au Québec», dénonce Joseph Maloney, directeur du département des métiers de la construction, un syndicat ontarien qui souhaiterait voir l’Ontario adopter un système de cartes de compétence similaire à celui du Québec.
Contre-attaque Mais Jocelyn Dumais contre-attaque. «À ce que je sache, le mouvement syndical, à ses débuts, a été financé par la mafia et par des organisations communistes. Je n’ai pas de leçons à recevoir de ce syndicaliste. Je suis prêt à affronter n’importe qui là-dessus dans un débat public. Je leur lance le défi», réplique le président de l’ADAT, qui a rencontré les dirigeants du groupe Right to Work pour la première fois en 1995.
«Je pense que je les ai convaincus en leur soulignant que les États-Unis étaient toujours là pour aider partout à travers le monde lorsque les droits de la personne sont bafoués. Je leur ai dit qu’ici, à quelques heures de route de chez eux, il y a des travailleurs qui se font emprisonner parce qu’ils n’ont pas payé une contribution syndicale. Ils ont trouvé ça dégradant», se souvient-il.
Right to Work a été fondé en 1968 et se bat pour «défendre les droits des victimes des abus du syndicalisme obligatoire». Son lobby a réussi à convaincre 21 États américains – surtout ceux du Sud – à adopter des lois de «droit au travail», qui permettent aux employés de ne pas payer de cotisations syndicales. Le groupe finance actuellement 400 batailles juridiques contre des syndicats américains. 

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