Jocelyn Dumais. Il n’ira pas en prison comme il le demandait

La Région, jeudi 21 octobre 1999, p. 10

Il n’ira pas en prison comme il le demandait
Jocelyn Dumais condamné à une amende de 2000 $

Bouchard, Régis

La juge Louise Turpin, de la Cour du Québec, n’a pas donné suite à ce qu’elle a appelé la «façon humoristique» utilisée par le président de l’ADAT, JocelynDumais, qui escomptait recevoir une peine de prison à la suite de la manifestation du 2 avril dernier, devant le Casino de Hull.
JocelynPRIS1M. Dumais est plutôt sorti de la salle d’audience par la même porte que celle utilisée pour y entrer, sauf que son portefeuille se trouve aujourd’hui soulagé de plus de 2000 $, résultat des amendes que lui ont été imposées par la juge Turpin. Il y a deux semaines cette dernière l’avait reconnu coupable de méfait et de contravention à une ordonnance de la Cour.

Également mis sous arrestation lors de cette même manifestation, André Charette a quant à lui été soulagé de 1000 $ au total pour les deux chefs d’accusation qui pesaient contre lui. La juge Turpin a estimé que, contrairement à M. Dumais, qui pilotait la manifestation, M. Charette avait lui-même demandé à être arrêté en guise de geste de solidarité envers son président.

La lutte continue

Tout en se disant déçu de voir que le tribunal ne s’était pas rendu à sa demande d’emprisonnement, le grand manitou de l’Association pour le droit au travail a expliqué qu’il n’était pas question, pour lui, de diminuer le régime et que la peine de détention réclamée aurait été un moyen de démontrer à la population «qu’il y a ici des gens qui se battent au Québec pour pouvoir travailler chez eux».

M. Dumais ne semble par ailleurs pas s’en faire outre mesure avec l’une des conditions qui accompagnent sa probation d’une année, soit celle l’obligeant à garder la paix et avoir une bonne conduite.

Même si sa simple participation à des manifestations futures pourrait prêter à interprétation face à cette condition, M. Dumais a indiqué qu’il n’était pas question qu’il se défile. «Je n’enverrai jamais quelqu’un prendre les coups à ma place. Ce serait irresponsable de ma part, ce serait me cacher», a soulignéJocelyn Dumais, qui demeure convaincu qu’un jour tous les travailleurs de la construction pourront travailler au Québec, avec ou sans carte de compétence.

Le président fonde d’ailleurs beaucoup d’espoir sur l’appel logé par son association devant les juges de la Cour suprême, qui devront se prononcer sur la constitutionnalité de la loi québécoise qui a mené à l’instauration d’un régime rendant obligatoire l’obtention de cartes de compétence dans l’industrie de la construction.

Sur un ton humoristique, Jocelyn Dumais a répondu qu’il n’avait pas l’intention d’en appeler de sa sentence dans l’espoir d’obtenir la peine d’emprisonnement implorée.

«Ce serait se moquer de la justice. Faut pas se moquer de la justice, il faut la contester», a dit Jocelyn Dumais avant de prendre congé.

Illustration(s) :

Jocelyn Dumais

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