Pénurie de main-d’oeuvre

Pénurie de main-d’oeuvre
ADAT – Gatineau – 18 Février 2001
PÉNURIE DE MAIN D’ŒUVRE DANS L’INDUSTRIE DE LA CONSTRUCTION
Dans le domaine de la construction, selon la Commission de la construction, il semble que tout aille bien au pays du Québec.Cependant la réalité est tout autre et la population doit se préparer à une crise qu’elle n’a jamais expérimentée auparavant.

Après les coupures dans les soins de santé qui ont entraîné un retrait de masse du personnel hospitalier, il s’ensuivit une pénurie de main d’œuvre. Aujourd’hui le ministre Marois fait des pieds et des mains pour ramener ce personnel expérimenté mis à la retraite par son prédécesseur. Elle fait aussi appel en France et autres pays francophones pour y recruter ce personnel qui n’existe plus au Québec. Pourra-t-on faire de même avec l’industrie de la construction? Permettez-moi d’en douter.
Le système établit au Québec il y de cela 30 ans, avait pour but de stabiliser le statut précaire des travailleurs de cette industrie. Sa réussite a cependant privé cette industrie d’une relève qu’elle pourrait sûrement utiliser dans les années à venir. La première vague de départ à la retraite de la génération des enfants de la guerre a maintenant débutée et dans les prochains cinq ans une partie importante de cette main d’œuvre viendra grossir les rangs des retraités
Le nombre de retraités de la construction qui étaient de 29,900 en 1988 n’a cessé de croître pour atteindre près 60,000 en l ‘an 2000. Pourtant le nombre de participants n’a pas bougé et demeure toujours sous la barre des 100,000. Si le nombre des retraités met en périls le régime de pension, Il en va de même pour l’industrie qui ne pourra faire un rappel de ses retraités lorsque la crise frappera de plein front d’ici les prochains cinq ans.

En l’an 2001 l’industrie ne pourrait pas fournir assez de monteurs d’acier pour la construction de deux chantiers comme celui de l’Alcan à Alma. Ainsi le projet de Bombardier à Mirabelle risque d »écoper.
Ailleurs en Amérique du nord et même en Europe, la situation est tel que les entreprises n’hésitent pas à donner des primes à l’emploi. Voici quelques extraits de publications qui démontrent l’état de détresse de cette industrie.

Associate General Contractors of America ; Pénurie de main d’œuvre qualifiée; des entrepreneurs perdent leurs employés au profit d’autres entreprises qui les attirent avec des primes à l’emploi et d’autres gratuités ou avantages ( traduction)

Merit Contractor of Alberta; La situation à Calgary est tel que, à la question posée; Quelle serait la situation de quelqu’un de l’extérieur qui voudrait engager des travailleurs sur place? La réponse va de <<très difficile>> à <<il ne faut même pas y penser(traduction)

Association canadienne de la construction; La pénurie de main d’œuvre au Canada est évaluée entre 25,000 et 60,000 travailleurs incluant des menuisiers, entrepreneurs général, soudeurs, électriciens et briqueteurs. Certains projets devant être retardés ou simplement abandonnés (traduction)

Building Construction Academy (Florida); ” La pénurie de main d’œuvre spécialisée est le plus gros problème que doit faire face l’industrie de la construction aujourd’huidéclarait Brisbane Brown, professeur à >UF’s M.E. Rinker Sr. School of Building Construction (traduction)

U.S. Bureau of Labor Statistics Une étude de al Hudson Institute lance l’avertissement suivant une pénurie « critique »de main d’œuvre est à prévoir pour l’an 2010, lorsque les baby boomers prendront leur retraite alors qu’une population moindre entre dans le marché du travail. Cela, causé par une plus lente augmentation de la population entre 1966-1985. (traduction)

American City Business Journals Inc La plus effrayante statistique, n’est pas la pénurie de main d’œuvre, mais bien que la moyenne d’age des travailleurs soit de 48 ans et quecela ne prend pas une calculatrice pour figurer que dans quinze ans, lorsque ces travailleurs prendront leur retraite, l’industrie aura de sérieux problèmes(traduction)

Kansas City Skip Hutton, président Builders’ Association of Missouri, déclare que les besoins en main d’oeuvre qualifiés ont augmenté de 40 à 60% et que les briqueteurs sont les plus en demande (traduction)

France; – Accord de coopération entre l’ANPE et la CAPEB Selon un communiqué des deux signataires, l’artisanat du bâtiment connaît une pénurie de main d’œuvre, chiffrée à 30 000 personnes, principalement dans les métiers de la couverture-plomberie, de la charpente, de la maçonnerie et de la finition.

Malgré tout au pays du Québec la Commission de la construction et les centrales syndicales continuent à restreindre l’accès à cette industrie. Il serait temps d’agir avant qu’il ne soit réellement trop tard.

Jocelyn Dum

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