Cartes de compétence:

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Cartes de compétence: quand la bureaucratie <<emmèle>>
Le Droit, mardi 30 avril 2001Patrick Duquette

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Patrick Lachance essaie depuis longtemps, sans succès, d’obtenir sa carte de compétence comme plâtrier

Le gouvernement du Québec a beau avoir mis en place des assouplissements, le mois dernier, il n’est toujours pas simple d’obtenir un certificat de compétence pour travailler sur les chantiers de construction.
Patrick Lachance, un plâtrier, en a fait l’amère expérience. Sans succès, l’Aylmerois tente depuis des mois, sinon des années, de régulariser sa situation auprès de la Commission de la construction du Québec (CCQ). Et il ne serait pas le seul à s’y cogner le nez, selon l’Association pour le droit au travail (ADAT).

L’ouvrier de 32 ans se heurte à une bureaucratie lourde et tâtillonne chaque fois qu’il tente de faire reconnaître des compétences. M. Lachance veut se mettre en règle pour travailler sur les chantiers, après des années à oeuvrer, à son compte, dans le domaine de la rénovation.
Ses visites répétées aux bureaux de la CCQ (sept depuis janvier) se sont avérées vaines. Chaque fois, un fonctionnaire le retourne chez lui avec de nouvelles exigences à remplir, de nouveaux documents à fournir.

«J’en viens à penser que peu importe les documents que je leur montre, ils vont tout le temps me refuser», dit-il en entretien avec Le Droit.

Pourtant, M. Lachance connaît son métier. À 14 ans, il faisait déjà des travaux de plâtrage pour la compagnie de son père. Il a eu, pendant des années, sa propre compagnie de rénovation. Aujourd’hui, il se bat sur deux fronts pour faire reconnaître les 6000 heures nécessaires pour passer son examen de compagnon-plâtrier et les 1500 heures pour travailler comme apprenti en Ontario.

Mais la CCQ n’est toujours pas convaincue de sa compétence même s’il conserve, pour la prouver, ses rapports d’impôts, factures et T-4 depuis… 1987. «J’ai tout, de A à Z, dit-il, en étalant sur la table le contenu d’un épais dossier. Des fois, j’ai l’impression qu’ils ne se donnent pas la peine de vérifier.»
Des fois, M. Lachance a le goût de crier. Comme la dernière fois que les fonctionnaires ont refusé de reconnaître ses heures. Cette fois, c’était parce que les factures ne précisaient pas si les travaux avaient été effectués dans une «unifamiliale neuve ou occupée, multifamiliale, commerciale ou industrielle». «Ils me bloquent pour des niaiseries», laisse-t-il tomber, découragé.

La règle

Le cas de M. Lachance n’est pas une exception, mais bien la règle, soutient pour sa part Jocelyn Dumais de l’Association pour le droit au travail. Les exigences de la CCQ restent un véritable dédale administratif. «Et les assouplissements mis en place par Québec (à la suite de l’entrée en vigueur de la loi 17 en Ontario) sont de la poudre aux yeux», dit-il.

«Faut réellement le voir pour comprendre la complexité du système de certification. Et Patrick est chanceux parce que je l’ai aidé, étape par étape, à y voir clair. Mais celui qui n’a pas d’assistance, c’est simple, il se décourage bien net.»

Joint hier, un porte-parole de la CCQ n’avait pu nous revenir avec des explications en fin d’après-midi.

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