La pression monte sur les chantiers de construction

Le Droit – vendredi 22 février 2002
Patrick Duquette
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ARCHIVES, Le Droit
«Cette fois-ci, nous demeurons calmes, mais je ne crois pas que ce soit la meilleure solution.»Jocelyn Dumais et les centaines d’ouvriers de la construction de l’Association pour le droit au travail (ADAT) se sont tenus tranquilles depuis que le débat sur la mobilité de la main-d’oeuvre a resurgi à l’avant-plan de l’actualité.

Mais ce ne pourrait être qu’une question de temps avant que la situation ne dégénère, soutient M. Dumais. «La situation est très dangereuse, très explosive, dit-il. Plus dangereuse qu’en 1999.»
L’ADAT avait causé des embouteillages monstres en bloquant les ponts de l’Outaouais, en 1999. Elle avait manifesté devant le Casino de Hull avant que ne survienne une entente Québec-Ontario sur la mobilité.

«Quand on faisait les rassemblements, les travailleurs avaient une occasion de se défouler. Là, il n’y a pas de moyen de défoulement. La pression monte sur les chantiers de construction.»

Aujourd’hui, l’ADAT ne rugit pas. Pas encore. Même si le ministre ontarien du Travail, Chris Stockwell, a promis de restreindre l’accès des chantiers ontariens aux Québécois le 1er mars.
La mesure risque de toucher particulièrement les membres de l’ADAT qui représente des centaines d’ouvriers québécois sans certificats de compétence et qui travaillent surtout en Ontario.

«Au lieu d’y aller avec une approche plus dure, on y va avec ce que les bien-pensants nous disaient de faire en 1999», a dit M. Dumais.

Pour l’instant donc, l’ADAT monte de nouveaux dossiers afin de poursuivre la contestation judiciaire.
Mais pendant que les dirigeants de l’ADAT se grattent la tête dans leurs bureaux, la tension monte sur les chantiers.
Inquiets pour leur avenir, les ouvriers voient d’un mauvais œil les inspecteurs du gouvernement ontarien que le ministre Stockwell a promis d’envoyer en plus grand nombre, à compter du 1er mars, pour dépister les travailleurs illégaux.

«Cela risque de devenir dangereux si les travailleurs québécois se font pousser par les inspecteurs ontariens», dit M. Dumais.

Il y aurait eu des accrochages, selon lui. «Un travailleur québécois a frappé un inspecteur.» En bout de ligne, l’ADAT ne cherche qu’à se faire entendre, soutient-il.
«L’Ontario défend les intérêts de sa population, tandis que le Québec négocie avec les syndicats et le patronat dont nous ne faisons pas partie. On veut avoir notre mot à dire», dit-il.
Il précise que l’ADAT ne dirige pas sa colère contre l’Ontario, dont elle appuie les revendications.
«C’est le Québec que nous jugeons responsable de la situation pénible que nous vivons», dit-il.

L’ADAT voudrait que les chantiers québécois soient ouverts à tous les travailleurs canadiens, ce à quoi s’opposent avec véhémence les syndicats de la construction et le gouvernement du Québec.

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