La pétition de l’ADAT

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Le Droit
La Région, mardi 27 avril 1999, p. 4

La pétition de l’ADAT s’arrête à 20 000 noms

Turbide, Mathieu

L’Association pour le droit au travail (ADAT) abandonne, pour le moment, son projet de recueillir 50 000 noms sur sa pétition demandant au gouvernement d’harmoniser avec l’Ontario les lois régissant l’industrie de la construction.

L’ADAT veut plutôt acheminer sa pétition à l’Assemblée nationale le plus tôt possible, soit demain après-midi. Le groupe s’arrêtera donc à environ 20 000 signatures.

«Ce n’est pas parce qu’on ne pouvait pas amasser 50 000 noms, mais on voulait faire vite parce que l’Assemblée législative de l’Ontario commencera à étudier le projet de loi de Mike Harris en première lecture cette semaine. On veut déposer notre pétition tout de suite pour que la ministre du Travail, Diane Lemieux, fasse quelque chose avant qu’il ne soit trop tard», a expliqué le président de l’ADAT, Jocelyn Dumais.

La pétition de l’ADAT sera déposée par le député libéral de Papineau, Norman MacMillan. Plusieurs représentants de l’ADAT se rendront à Québec demain matin pour constater de visu le dépôt de leur pétition.

M. Dumais soutient que la pétition pourrait se poursuivre si jamais la ministre Lemieux reproche à l’ADAT de ne pas avoir recueilli 50 000 noms comme prévu. «Si elle nous lance ça, on va aller les chercher les 50 000 noms, mais on s’est dit qu’il fallait bouger vite», a-t-il indiqué.

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Diane Lemieux accepte de rencontrer l’ADAT

LeDroit_LOGOsLa Région, vendredi 9 avril 1999, p. 5

Même si elle n’a pas l’intention de modifier sa position
Diane Lemieux accepte de rencontrer l’ADAT

Lagacé, Patrick

Surprise: la ministre du Travail du Québec accepte de rencontrer les travailleurs sans-papiers de la construction de l’Outaouais. Mais la visite de Diane Lemieux à Hull s’annonce comme une simple visite de courtoisie.

imageL002Mme Lemieux rencontrera ce matin les leaders de l’Association pour le droit au travail (ADAT), après avoir refusé de le faire, à la suite du blocus des ponts de mardi matin.

Ce jour-là, l’ADAT avait demandé au maire de Hull, Yves Ducharme, d’appuyer sa démarche de libéralisation du marché de la construction au Québec. Celui-ci avait refusé d’aider les sans-papiers.

Il semble pourtant que M. Ducharme ait passé un coup de fil à Québec.

«Mme Lemieux vient en Outaouais à la demande du maire Ducharme, qui considère que l’ADAT sera correcte pendant cette rencontre», a fait savoir une porte-parole de la ministre, pour expliquer la volte-face.

Mais tout indique que Mme Lemieux n’a nullement l’intention de changer quoi que ce soit au système de carte de compétence québécois, comme le réclame l’ADAT, qui a successivement bloqué le Casino de Hull et les ponts de la rivière des Outaouais, ces derniers jours, afin d’attirer l’attention de Québec.

«La ministre demeure ferme là-dessus», a expliqué le cabinet de Diane Lemieux.

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D’ailleurs, Mme Lemieux s’amène en Outaouais le jour même où elle fait paraître une publicité dans nos pages expliquant dans le détail pourquoi elle ne peut «céder» aux revendications de l’ADAT, qui, écrit-elle, «profite» de la mésentente Québec-Ontario dans le dossier de la construction.

L’Ontario a récemment durci ses règlements pour l’attribution de contrats gouvernementaux aux entreprises québécoises, pour protester contre ce que le gouvernement Harris décrit comme l’hermétisme du marché de la construction québécois.

Fouetté par le geste ontarien, l’ADAT souhaite une déréglementation de la construction au Québec, comme c’est le cas dans la province voisine, où la plupart de ses membres travaillent, à défaut de détenir des cartes de compétence québécoises.

Il a été impossible de parler à Jocelyn Dumais, président de l’ADAT, hier.

La ministre Lemieux rencontrera également le comité régional qu’elle a nommé dans ce dossier le mois dernier. Ce comité, composé de travailleurs syndiqués, d’entrepreneurs, de politiciens et de fonctionnaires provinciaux impliqués dans l’industrie de la construction, doit soumettre un rapport à la ministre pour lui exposer la réalité frontalière de l’Outaouais. Mais l’ADAT n’y compte aucun représentant.

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