L’ADAT se plaint de la lenteur

Radio-Canada
Radio-Canada -Le mardi 19 octobre 2004- Reportage de René Hardy
L’ADAT se plaint de la lenteur
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Les négociations sur la mobilité de milliers d’ouvriers de la construction entre le Québec et l’Ontario n’avancent pas assez vite au goût de Jocelyn Dumais.

Le président de l’Association du droit au travail (ADAT) a rencontré à ce sujet, hier, le ministre responsable de l’Outaouais, Benoît Pelletier.
« Nous sommes allés lui dire que les négociations ne progressaient pas à notre goût. Et nous voulons qu’on nous donne plus souvent signe de vie ! » a dit M. Dumais.
L’ADAT regroupe des centaines de travailleurs québécois de la construction qui oeuvrent sur les chantiers de construction de l’Ontario et du Québec.
« Sur les chantiers, les gens nous demandent sans cesse où en sont les négociations. Ils ont l’impression que ça n’avance pas », a dit M. Dumais.
Au bureau de M. Pelletier, on a indiqué hier que les négociateurs des deux provinces se sont rencontrés à 5 reprises depuis leur nomination, en janvier dernier.
« J’ai confiance aux négociateurs en place, des hommes d’expérience qui vont sûrement nous arriver avec une entente qui se tient », a dit M. Dumais.

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L’ADAT réclame des engagements dignes des entrepreneurs de la région

Alors que les électeurs de l’Outaouais sont une fois de plus appelés aux urnes, l’ADAT réclame cette fois des engagements « clairs et précis » afin de délier l’impasse.
« Nos candidats doivent réaliser que le développement de notre région est intimement lié avec nos voisins Ontariens, a déclaré M. Dumais. Nier une telle évidence met en péril plus de 5000 emplois et des contrats de plus de 2,4 milliards $ pour nos entrepreneurs en construction. »

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Voici ce qui est permis par la loi et ce que les politiciens n’osent pas admettre car ils craignent la fureur des syndicats. Ce sont pourtant eux qui ont voté ce règlement qui est la réponse au conflit Ontario-Québec.

Règlements de la Commission.
123.1. La Commission peut, par règlement:

13° établir des règles de priorité régionale en matière d’embauche et de mobilité de la main-d’oeuvre ainsi que les cas d’exception à ces règles et, à ces fins, délimiter le territoire du Québec en régions et définir et délimiter des zones limitrophes;

14° généralement, adopter toute autre disposition connexe ou supplétive jugée nécessaire pour donner effet aux dispositions du présent article et celles de la présente loi relatives à la formation professionnelle. Les dispositions des règlements pris en vertu du présent article peuvent varier selon les secteurs, les régions, les zones limitrophes ou l’appartenance de personnes à un groupe cible; elles peuvent aussi varier pour faciliter la reconnaissance des qualifications, compétences et expériences de travail ainsi que la mobilité et l’embauche de personnes domiciliées sur le territoire d’un état ou d’une province dont le gouvernement est partie, avec le gouvernement du Québec, à une entente intergouvernementale en matière de mobilité de la main-d’oeuvre ou de reconnaissance mutuelle des qualifications, compétences et expériences de travail dans des métiers et occupations de l’industrie de la construction.

Les travailleurs ontariens prendront en main

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Les travailleurs ontariens prendront en main l’épineux dossier de la construction
Le Droit – Vendredi 6 septembre 1996
Marc-André Joanisse

Tannés, les travailleurs de la construction de l’Ontario vont fermer les chantiers où des travailleurs du Québec gagnent leur vie, la veille d’une rencontre entre les premiers ministres Mike Harris et Lucien Bouchard.
L’appel à la mobilisation a été décidé, hier, par une centaine de travailleurs rassemblés au club de golf Pineview de Gloucester et qui veulent à tout prix être maîtres sur leurs lieux de travail.
«On ne connaît pas encore la date de cette rencontre entre Harris et Bouchard, mais elle doit se dérouler (en Ontario) d’ici la fin du mois de septembre, a précisé le président de l’Association du droit au travail, Jocelyn Dumais.
«D’ici là, on va se mettre à la tâche et rejoindre le plus de travailleurs possibles, a-t-il ajouté. Pour que l’opération soit un succès, il nous faudra entre 3000 et 4000 travailleurs. On veut également savoir si c’est légal de faire ce que l’on compte faire.»jocemai99-3
Le président de l’ADAT a promis qu’il n’y aurait pas de violence et que les travailleurs ontariens ne feraient qu’inciter leurs collègues du Québec à quitter ou à ne pas entrer sur le chantier.
«L’époque des coups de poing est révolue. Ce sera une démonstration pacifique.»

Déjà, quelques chantiers de construction ont été pointés du doigt par les ouvriers de l’Ontario. «Ce sont surtout des chantiers résidentiels, dont ceux de Minto, a indiqué M.Dumais. Il y a aussi la nouvelle école d’Orléans dont le contrat est allé à Pomerleau et quelques endroits à Kanata.»
Plus tard, ce sera l’Ambassade des États-Unis. Ces endroits sont le symbole des problèmes qu’on tente de régler. On veut la priorité sur nos chantiers et si c’est de cette façon qu’on doit se prendre pour sensibiliser le premier ministre de l’Ontario, Mike Harris, on va le faire.»

Un des participants à la rencontre d’hier, le député d’Ottawa-Est à Queen’s Park, Bernard Grand’Maître s’est vivement opposé à ce genre de tactique.
«Il faut plutôt négocier et mettre de la pression sur Harris, mais pas de cette façon», a-t-il affirmé.
L’élu a plutôt défendu la thèse suivante: ce qui est beau pour le Québec l’est aussi pour l’Ontario.
«En fermant les ponts, on brime les droits de la personne et je ne suis pas d’accord avec ça.»
Avant de décider de fermer les chantiers de construction ontariens aux travailleurs du Québec, les participants à la rencontre – de gens qui venaient d’aussi loin que Hawkesbury et Pembroke – , ont tué dans l’oeuf une résolution du président de l’ADAT, Jocelyn Dumais. Ils ont aussi tiré au pied le député Jean-Marc Lalonde, le parrain du projet de loi 60 qui prévoit forcer les travailleurs du Québec à posséder un permis de travail ontatien pour oeuvrer sur les chantiers de la province.

La résolution de l’ADAT suggérait la mise en place d’une zone tampon de 50 kilomètres des deux côtés de la rivière des Outaouais et où certains privilèges seraient accordés aux travailleurs de l’Ontario.
«C’est pas ce qu’on veut, a dit un homme qui a refusé de s’identifier au photographe du Droit. On ne veut pas travailler en sol québécois alors qu’on ferme les ponts.»
À la fin de la rencontre, Jocelyn Dumais a admis qu’il se doutait un peu que sa résolution allait être battue en un temps record.
«Je l’admets, elle a servi à préparer le terrain. Maintenant c’est aux travailleurs de faire leur part. Ils veulent fermer les chantiers aux travailleurs québécois, et bien on va le faire. À la condition qu’ils soient au rendez-vous.»