Les ouvriers retournent aux chantiers

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Les ouvriers retournent aux chantiers
Le Droit – Mercredi 5 janvier 1994
France Pilon

Même s’ils ne digèrent pas la loi 142, les travailleurs de la construction sont tous retournés au travail après le congé des Fêtes, y compris ceux de l’Outaouais.«Nous n’avons pas le choix, soutient Léopold Marion, le président régional de la CSN-Construction.
Les amendes que le gouvernement impose à ceux qui contreviennent à la loi sont les plus sévères qu’on ait jamais vues.»
Il souligne entre autres une amende de 100 000 $ par jour, imposée au syndicat si les membres ne se conforment pas à la loi.

Dans l’Outaouais, l’opposition à la loi 142, qui abolit la réglementation des relations de travail dans le secteur résidentiel de huit logements et moins, n’a pas été aussi musclée qu’ailleurs au Québec.
Les chantiers ont été paralysés pendant une journée dans l’Outaouais métropolitain et des syndiqués CSN sont allés faire du piquetage devant la maison du maire de Gatineau, Robert Labine, et devant la maison construite par l’ADAT (Association pour le droit au travail).Dans certaines régions du Québec, les chantiers ont été paralysés pendant deux semaines. C’est à la suite de ces débrayages, souvent marqués de violence et de vandalisme, que le gouvernement a fait adopter, avant Noël, la loi 158, forçant le retour des ouvriers sur les chantiers.

Les travailleurs sont retournés au lendemain de la promulgation de la loi. On s’attendait à que certaines activités reprennent au lendemain du congé des Fêtes, mais tout a été calme, lundi.La FTQ, la CSN et les autres centrales ont promis de continuer leur opposition à la loi 142 qui touche 25 000 travailleurs de la construction résidentielle.
M. Marion a indiqué qu’il se rendait, en fin de semaine, à Québec, pour une réunion du bureau fédéral de la CSN où le dossier de la construction sera à l’ordre du jour. C’est probablement à ce moment que l’on parlera de stratégies.
Il sera également question de l’entente entre l’Ontario et le Québec sur l’abolition des barrières interprovinciales et des conséquences pour les travailleurs de la construction dans la région.«Je n’ai pas vu le document. Je ne peux pas le commenter», a indiqué M. Marion.

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Une sortie publique sans bloquer les ponts

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Denis Gratton

Le Droit – Vendredi 9 juillet 1993
L’ADAT continue son offensive pour le droit au travail  du droit au travail (ADAT) sur les chantiers de construction L’Association Une sortie publique sans bloquer les pontsa effectué une deuxième sortie publique en moins d’une semaine, hier, mais cette fois-ci, aucun pont n’a été bloqué.

Le président de l’ADAT, Jocelyn Dumais,1993-07-09. Le droit a préféré une salle de réunion à air climatisé dans un hôtel de Hull pour rencontrer les médias et pour dénoncer, pour une xième fois, «le non-sens d’une loi qui fait que 150 000 travailleurs sont étiquetés illégaux parce qu’ils travaillent sans la carte de compétence imposée par la Commission de la construction du Québec».

Lundi dernier, les membres de l’ADAT ont bloqué les ponts interprovinciaux Macdonald-Cartier et Alexandra pendant près d’une heure pour protester contre les barrières entre l’Ontario et le Québec dans le domaine de la construction, et contre «l’entêtement du gouvernement québécois à maintenir un système de cartes de compétence qui empêche les ouvriers qualifiés de travailler sur les chantiers de construction de la province», a dit M. Dumais.
«Nous avons retardé la circulation pour environ 40 minutes, lundi dernier, a expliqué le président de l’ADAT. Les gens pris dans ce blocage ont réalisé que ce n’est pas facile d’être interdit de travailler, a-t-il ajouté, sans s’excuser.
«Ce blocage de ponts n’est pas pire que les syndicats qui envahissent et démolissent les bureaux des députés de la région, a-t-il laissé tomber. Nous, à l’ADAT, sommes des constructeurs, pas des démolisseurs.»

Jocelyn Dumais a même prévenu que d’autres actions sont prévues de la part de l’ADAT au cours des semaines à venir pour sensibiliser la population aux «injustices» commises par la Commission de la construction du Québec.
«Ces actions seront aussi prononcées (que le blocage des ponts) mais elles ne seront ni illégales et ni violentes», a-t-il assuré.

Le député de Gatineau-La Lièvre, Mark Assad, présent à la rencontre hebdomadaire d’hier entre l’ADAT et les médias, a suggéré la circulation d’une pétition pour renseigner les gens sur les restrictions imposées par le gouvernement sur les chantiers de construction.
«La population n’est pas au courant qu’il y a des restrictions extraordinaires. Une pétition qui exigerait la liberté aux travailleurs qualifiés pourrait avoir un effet positif dans ce dossier», a dit le député, donnant ainsi son appui aux membres de l’ADAT.

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Photographe: Morin, Étienne

Le président de l’ADAT, Jocelyn Dumais, promet d’autres actions, qui ne seront «ni illégales, ni violentes».

Ponts obstrués: la police sera aux aguets

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Ponts obstrués: la police sera aux aguets
Le Droit – Mardi 6 juillet 1993
Lanthier, Manon

Au lendemain du blocage surprise des ponts enjambant la rivière des Outaouais, les policiers d’Ottawa seront aux aguets afin d’éviter que ce genre de manifestation ne se reproduise.
Les ponts McDonald-Cartier et Alexandria, est-il besoin de le rappeler, ont été obstrués, tôt hier matin, par des travailleurs de la construction irrités.
«Nos agents patrouilleront les ponts pour que ça ne se produise plus, a assuré le sergent Ray Draper, de la Police d’Ottawa. S’ils essayent de le faire de nouveau, des accusations seront portées.»

Puisqu’ils ont collaboré en se pliant aux ordres des policiers dépêchés sur les ponts, aucune accusation n’a été portée contre les membres de l’Association du droit au travail (ADAT) et leur président Jocelyn Dumais.Les membres de l’ADAT ont bloqué les deux principaux ponts pendant près d’une heure pour protester contre les barrières entre l’Ontario et le Québec dans le domaine de la construction.Comme ils étaient sur la rive ontarienne, la Sûreté du Québec ne portera pas d’accusation non plus. Elle a toutefois participé à la réouverture du pont Macdonald-Cartier.
Le blocage a créé des bouchons de plus de deux kilomètres sur les autoroutes 5 et 50. Les automobilistes, frustrés et impatients, y allaient d’injures de toutes sortes. Certains ne voyaient pas l’heure de se rendre au travail.

«On va perdre des heures de travail. Il me semble qu’ils auraient pu prendre un autre moyen», a déploré l’un d’eux.D’autres ne comprenaient pas le motif du blocage. «Monsieur, vous n’avez pas de tête sur les épaules.»Jocelyn Dumais s’est dit convaincu que son action était la bonne pour sensibiliser la population au problème. «Si on a bloqué le pont juste une heure, c’est justement pour ne pas prendre la population en otage», a-t-il soutenu sur les ondes de CJRC, en fin d’après-midi hier.

Ce que les travailleurs et entrepreneurs ontariens et québécois membres de l’ADAT veulent, c’est que le «gouvernement québécois relâche cette loi de fous» qui empêche les travailleurs et compagnies ontariennes d’oeuvrer librement au Québec, alors que l’inverse est possible.
S’il est réellement sérieux, que le gouvernement impose un moratoire de trois mois», a dit l’entrepreneur au journal LeDroit.Ce blocage s’inscrit alors que les gouvernements municipal et régional envisagent d’imposer des barrières aux milliers de travailleurs de la construction de l’Outaouais qui traversent les ponts chaque matin.«On comprend le tort que ça va causer, mais ça va être temporaire. On a des actions prévues pour trois mois d’avance», a confié Jocelyn Dumais, en ajoutant que «l’effet de surprise comptait pour 50 % du résultat.»

À quelques exceptions près, tous les intervenants politiques et syndicaux ont appuyé les revendications de l’ADAT, mais ils ont déploré le moyen de pression choisi.

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Photographe: Morin, Étienne

Malgré le chaos occasionné par le blocage des ponts, hier matin, Jocelyn Dumais (en médaillon), président de l’Association du droit au travail, croit que les automobilistes comprendront la situation. Si, comme ils l’annoncent, les membres de l’ADAT devaient récidiver, les policiers ont déjà indiqué qu’ils déposeraient alors des accusations.

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