L’Ontario ouvrira ses portes 2006-06-01

L’Ontario ouvrira ses portes aux entrepreneurs québécois
2006-06-01Jocelyne Richer Presse Canadienne Winnipeg

L’Ontario ouvrira ses portes aux entrepreneurs québécois «Il n’y a rien qui change. C’est décevant. C’est un gouvernement de déception», a indiqué, lors d’un entretien téléphonique le président de l’organisme, Jocelyn Dumais, après avoir pris connaissance des grandes lignes de l’entente.
Les entreprises de construction de l’Outaouais, de même que les travailleurs, pourront bientôt en toute légalité gagner leur vie de l’autre côté de la frontière, en Ontario. Et vice versa.

Cela sera rendu possible grâce à l’abolition de la loi 17, une législation adoptée en 1999 par l’ex-premier ministre de l’Ontario, Mike Harris, et qui sera mise au rancart par le premier ministre actuel, Dalton McGuinty, selon ce qu’a appris La Presse Canadienne, jeudi, de diverses sources.

L’annonce sera faite vendredi, à Ottawa, en grandes pompes, en présence du premier ministre Jean Charest, et de plusieurs ministres des deux gouvernements.

Les deux provinces voisines espèrent ainsi régler un problème chronique de mobilité de la main-d’oeuvre du secteur de la construction dans l’Outaouais.

Parallèlement à l’entente relative au secteur de la construction, MM. McGuinty et Charest vont profiter de cette annonce pour tenter de réchauffer les relations Québec-Ontario par une entente de collaboration globale entre les deux provinces, qui visera différents secteurs d’activités.

Ainsi, on s’engagera à lever tous les obstacles aux échanges de biens et services, de même qu’à la mobilité des travailleurs des deux voisins.

Pour ce qui est de l’entente sur la construction, qui pourrait toucher de 5000 à 6000 travailleurs, ceux qui s’attendaient à des changements majeurs dans les lois et règlements du Québec seront apparemment déçus.

Ainsi, contrairement à des demandes formulées par des regroupements de la région, les cartes de compétence seront toujours requises au Québec et les travailleurs devront être syndiqués pour oeuvrer sur un chantier de construction du Québec.

Afin de faciliter la vie aux travailleurs québécois qui résident en Ontario, mais veulent gagner leur pain du côté québécois de la rivière des Outaouais, Québec va tout de même assouplir certains règlements bien précis et clairement identifiés.
Cependant, d’après les informations qui ont filtré, aucun changement ne serait apporté à la loi sur les relations de travail dans l’industrie de la construction.

Avant même d’être rendue publique, cette entente est déjà décriée par un regroupement qui réclamait depuis des années un règlement de ce dossier : l’Association droit au travail (ADAT).

«Il n’y a rien qui change. C’est décevant. C’est un gouvernement de déception», a indiqué, lors d’un entretien téléphonique le président de l’organisme, Jocelyn Dumais, après avoir pris connaissance des grandes lignes de l’entente.

Selon ce représentant des ouvriers québécois oeuvrant sur les chantiers ontariens, l’entente modifiera peu de choses et l’abolition de la loi 17 n’est pas un fait majeur puisque les entrepreneurs et travailleurs avaient appris à la contourner.
C’est un fait que, ces dernières années, aux prises avec une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée, l’Ontario avait dû fermer les yeux et accueillir à nouveau des travailleurs du Québec.

La dernière entente Québec-Ontario sur la construction remontait à 1996.

Questionné sur l’entente à venir alors qu’il était à Winnipeg, le premier ministre Jean Charest a indiqué, sans vouloir entrer dans les détails, que l’entente aurait un impact économique important sur la région de l’Outaouais.
«La mobilité de la main-d’oeuvre a été un dossier économique très important et cela nécessite que les deux gouvernements s’occupent de ce problème et trouvent une solution», a-t-il dit, en point de presse.

Le premier ministre Charest consacre beaucoup d’énergie à entretenir de bonnes relations avec ses homologues des autres provinces. Avec le premier ministre de l’Ontario, les choses ont été plus difficiles depuis un an.

Dernièrement, M. McGuinty a affiché une position opposée à celle de M. Charest sur la question du déséquilibre fiscal.

L’été dernier, les deux hommes s’étaient livré une belle bataille en vue d’obtenir l’Hôpital des Shriners, qui finalement était resté à Montréal.

L’entente globale, annoncée vendredi, visera donc à réchauffer l’atmosphère et à jeter des ponts entre les deux premiers ministres et les deux administrations.

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Charest suit le dossier personnellement

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Mobilité de la main-d’oeuvre – Charest suit le dossier personnellement

Le Droit – Le mercredi 16 février 2005 Mathieu Bélanger-

Alors que les négociations sur la mobilité de la main-d’œuvre entre le Québec et l’Ontario avancent à pas de tortue, des entrepreneurs en construction de l’Alberta et de la Colombie-Britannique, qui ont un urgent besoin d’ouvriers, tentent de recruter des travailleurs de l’Outaouais.

Open Shop Association s’est d’ailleurs payé une pleine page de publicité dans l’édition d’hier du Droit. Ces deux provinces de l’Ouest canadien ont un urgent besoin de menuisiers, de couvreurs, de tuyauteurs et de plusieurs autres corps de métiers, stipule le message publicitaire.
« Les négociations entre le Québec et l’Ontario ne grouillent pas du tout, lance le président de l’Association du droit au travail (ADAT), Jocelyn Dumais. Il faut arrêter d’attendre le père Noël. Il faut arrêter de se plaindre et aller de l’avant en allant travailler dans l’Ouest. »

Quelques centaines des 4000 travailleurs de la région touchés par le dossier de la mobilité de la main-d’œuvre pourraient être tentés d’aller travailler dans l’Ouest, avance M. Dumais.

L’Ontario réclame un accès plus facile aux chantiers du Québec pour ses travailleurs et ses entrepreneurs. Cette requête se heurte toutefois à une forte opposition des syndicats québécois.
L’Ontario a répliqué, il y a deux ans, en imposant la Loi 17, une mesure de représailles à l’endroit du Québec.

Les négociations entre les provinces à ce sujet ont été interrompues en février 2002 et n’ont repris qu’en 2003, peu après l’élection des premiers ministres Jean Charest et Dalton McGuinty.
« Nous avons relancé ce dossier lors du changement de gouvernement de l’Ontario, il y a tout juste un an, a plaidé, hier, le premier ministre du Québec, Jean Charest. Il y a beaucoup de travail de fait, mais nous n’en sommes pas encore arrivés à une conclusion. Je peux cependant assurer que je suis le dossier personnellement. »