Rencontre positive avec le ministre du travail

Rencontre positive avec le ministre du travail du Québec, Laurent Lessard
ADAT – Le Lundi 12 décembre 2005 – Jocelyn Dumais –
Parce que nous craignons qu’une Entente ‘’ sans contenu ’’soit signée, nous avons demandé à rencontrer le ministre du travail du Québec.
La rencontre, organisée par notre ministre responsable de l’Outaouais Benoît Pelletier, fut très positive en ce sens que nous avons obtenu que le ministre Lessard s’engage a venir rencontrer les travailleurs ici, en Outaouais.
Je tiens à remercier le ministre Laurent Lessard pour nous avoir accordé plus de temps que prévu pour cette rencontre, ceci démontre l’intérêt qu’il accorde à notre situation.

Nous l’avons invité a venir constater par lui même, la situation que vivent ces travailleurs et pourquoi ils revendiquent le droit de travailler au Québec en toute liberté. Il s’agit aussi de démontrer que même si ces travailleurs ne détiennent pas de carte de ‘’ compétence ‘’, ils sont en mesure de démontrer que leurs connaissances et leurs habilités à performer sont souvent supérieures à ce que l’on retrouve au Québec.L’entrepreneur (briqueteur) Rocco Guido sera en mesure de montrer le Stade des Lynx dont il avait le contrat de brique et de pierre, avec des travailleurs sans-carte, d’autres pourront montrer le nombre impressionnant de maison en construction a Ottawa qui se font sans avoir de carte comme celles qui existent au Québec.En fait, le but de l’exercice servira à trouver un moyen de faire reconnaître les expériences de travail de personnes qui oeuvrent dans le domaine de la construction depuis un certain nombre d’année.Enfin, cette visite a pour but principal de convaincre le ministre de signer une Entente sur la mobilité avec l’Ontario.
Un Entente qui reconnaît la spécificité limitrophe, tout le long de la ligne nord-sud Ontario-Québec.
Une Entente avec exception dans la Loi sur les Relations de travail du Québec comme c’est le cas présentement pour les travaux dans la région de la Baie-James.
Une Entente qui reconnaît notre désir de vivre en harmonie avec nos amis et les membres de notre famille qui vivent de chaque coté de la rivière des Outaouais.
Publicités

Rencontre avec monsieur Rhéal Mireault, négociateur du gouvernement du Québec 2004-02-24

Rencontre avec monsieur Rhéal Mireault, négociateur du gouvernement du Québec
Gatineau Le mardi 24 Février 2004

LA LOI SUR LES RELATIONS DE TRAVAIL DU QUÉBEC
VS
CONFLIT ONTARIO/QUÉBEC

1. La loi sur les relations de travail du Québec
2. La loi 17 de l’Ontario
3. La loi sur les relations de travail du Québec ;ce que nous n’aimons pas.
4. La loi sur les relations de travail du Québec; ce que nous approuvons.
5. La loi sur les relations de travail du Québec;ce que nous voyons comme solution au conflit Ontario/Québec
La loi sur les relations de travail du Québec.
1968 : La loi sur les relations de travail dans l’industrie de la construction avait pour but premier d’assainir le climat de travail. Elle avait aussi pour but d’apporter la paix sociale, plus de guerre de pouvoir entre les différentes Centrales Syndicales, une liberté d’association protéger par la Loi. Tous devaient appartenir à un syndicats afin d’éviter les actes de violences sur les chantier entre syndiqués. La province allait être divisée en divers zones ou la priorité d’emploi irait aux résident. Les travailleurs de l’Ontario et des autres provinces étaient exclus, à moins qu’il n’y ait plus personne de disponible sur le territoire québécois
1987 : La Commission de la construction du Québec obtenait le mandat de s’assurer de la compétence des travailleurs. Depuis ce temps il n’est plus question de Permis de travail ou de Carte de classification. Le mot Carte de compétence naissait avec ses contraintes.
Bien sur, nous croyons qu’il soit normal que cette Loi change au cours des ans car la société et ses besoins évoluent.

La loi 17 de l’Ontario.
La loi 17 de l’Ontario a pour but premier de refléter les conditions que les Ontariens doivent rencontrer lorsqu’ils désirent travailler au Québec. Ceux-ci doivent démontrer qu’ils ont acquis les compétences nécessaires pour travailler sur les chantiers de construction du Québec.

Ce que les travailleurs Ontariens disaient avant l’adoption de la Loi 17  » on ne vous demande pas des papiers, vous les Québécois, lorsque vous venez sur les chantiers Ontariens, on vous demande seulement de faire le travail selon les règles de l’art alors pourquoi n’aurions nous pas le même traitement ? »

Ce que la Loi dit, finalement, c’est que tout les Québécois qui désirent travailler sur les chantiers de construction Ontariens, doivent tout d’abord faire reconnaître leur compétences au Québec puisque selon le gouvernement du Québec, on ne peut être compétent à moins d’avoir une carte émise par la C.C.Q.

Nous comprenons les Ontariens d’avoir agit de la sorte, même si nous en subissons les conséquence néfaste. Nous ne les accusons pas, car comme eux nous croyons que c’est à cause de la Loi Québécoise que nous pris dans cette situation..
3
La loi sur les relations de travail du Québec ;ce que nous n’aimons pas.

1. La syndicalisation obligatoire.
Même si la Cour Suprême a décidé qu’il était justifié de préserver cette obligation par crainte d’un retour aux actes de violences, nous croyons que les travailleurs de la construction ont aussi évolué et que de prétendre que la paix social serait mis en danger si on enlevait cette obligation , vient à dire que les travailleurs n’ont pas évolués mentalement avec le reste de la population.

Les travailleurs d’aujourd’hui ont évolué et mieux connaissant de leurs droits, de l’aveu même des syndicats la violence n’existe plus sur les chantiers de construction du Québec. Est-ce à cause de l’évolution des travailleurs ou est-ce parce que les syndicats n’ont plus à chercher à recruter les membres. Confirmer ce dernier choix c’est d’admettre que les syndicats et leur dirigeant n’ont pas évolué et que l’infiltration criminelle, dénoncé lors des audiences de la commission Cliche, est toujours présente dans les milieux syndicale. Il faudrait alors pensé à faire un nouveau ménage

C’est aussi le message que nous entendons sur les chantiers Ontariens, on ne veut de cette obligation car en Ontario on a le choix : appartenir ou ne pas appartenir. Pour avoir travailler sur l’ensemble du territoire de l’Ontario depuis les derniers 30 ans, je puis affirmer qu’il y a très peut si non aucun actes d’intimidation de part et d’autres.
Dans le pire des scénario nous pourrions accepter la Formule Rand

2. Les cartes de compétences.
Ces cartes nous font parfois sourire quand à leur signification et nous font grincher quand à la façon de les obtenir. Le sourire vient du fait que nul ne peut voir la différence quand à la qualité de construction des maisons construites en Ontario et celles construites au Québec sinon que nous entendons plus souvent des plaintes provenant des consommateurs du Québec que ceux de l’Ontario.
Pourtant en Ontario ce genre de carte n’existe que de façon facultative pour les menuisiers et pour l’ensemble des métiers de base de l’industrie de la construction à l’exception des métiers reconnus obligatoire en Amérique du nord.

Examens écrits
Un briqueteur est évalué par la qualité de son travail et non par une carte, un manœuvre par son cœur à l’ouvrage et non par une carte etc….
Comment peut-on déterminer de la compétence d’un briqueteur ou de menuisier par un examen écrit ? C’est un peut comme de dire que dorénavant le teste de conduite ne sera plus requis pour obtenir un permis de conduire, seule un examen écrit sera reconnu.
Dans d’autres province le teste pratique est obligatoire pour l’évaluation des connaissances d’un travailleur.
Comment concevoir que le teste de connaissances se fasse qu’après 6,000 d’heures enregistré sans qu’il n’y est de suivi entre les étapes d’apprentissages. Plusieurs travailleurs analphabètes sont coincés dans ce système et demeureront des troisième année toute leur vie parce qu’ils ne peuvent réussir un examen écrit bien qu’ils puissent prouver leur compétences dans un examen pratique.

Retour sur les bancs d’écoles
Comment concevoir qu’une personne de 35 ans qui avait des difficultés d’apprentissage lorsqu’elle avait 12, 13 ou 15 ans, puisse se voir obliger de retourner sur les bancs d’écoles pour obtenir son secondaire 3, 4 ou 5 dans certains cas pour pouvoir obtenir sa carte de CCQ ? Si le système scolaire ne pouvait l’aider et que cette personne a pu développer des aptitudes manuel sans aide de personne, pourquoi l’obliger à retourner sur les bancs d’école ?
Pourquoi ne pas leur accordé une clause grand-père ou comme mentionné ci-haut leur faire passer un examen pratique.
On n’a pas idée du stress que ces travailleurs subissent lorsqu’ils se voient convoquer étant pleinement connaissant de leur handicap.

3. Des Québécois qui  »déménagent » en Ontario
Parce qu’ils leur est difficiles de faire reconnaître leurs compétences par la CCQ, plusieurs résidents Québécois changent leur permis de conduire et leur carte d’assurance maladie du Québec et les plaques sur leur véhicules pour ceux de l’Ontario tout en demeurant  » physiquement  »au Québec. Ils peuvent ainsi travailler légalement en Ontario tout en évitant les impôts élevés du Québec et le mouvement va en s’amplifiant. Le Québec devient nettement perdant

4. Les cartes émise en vertu de la Loi 17 de l’Ontario
Pour ceux qui réussissent à obtenir leur carte de la CCQ, il y a l’aspect pervers. Détenteur de carte mais leur heures n’étant pas comptabilisé au registre de la CCQ, ceux-ci apparaissent comme en recherche d’emploi ainsi les BASSINS demeurent pleins ce qui empêchent les nouveaux applicants d’obtenir leur carte.
Les entrepreneur Québécois deviennent nettement perdants dans cette période de pénurie de main-d’œuvre.

5. Les bassins
Qu’est-ce que les bassin ont à voir dans la compétence d’un travailleur ? Nous croyons dans un système libre et si ce système de bassin existait dans la ligne national de hockey, il se pourrait que des joueurs comme Mario Lemieux et Guy Lafleur n’auraient jamais été connu du public.
Ce que nous disons, c’est que si vous voulez de la main-d’œuvre compétente, abandonnez ces bassins les meilleurs demeurons et les vraies incompétents s’en iront d’eux-mêmes.
Le Québec se dirige vers un gouffre au niveau de la relève. Il y aura bientôt plus de récipiendaires au fond de pension des travailleurs que de cotisants.

6. La réglementation extrême
Pourquoi est-il illégal de construire sa maison avec l’aide des ses voisins?
Pourquoi, lorsque je loue une partie de ma maison, je n’ai plus le droit de la peinturer ou d’y installer un bain?
Pourquoi un citoyen Ontarien, entrepreneur en construction , n’a pas le droit d’emmener ses hommes pour l’aider à se construire un chalet du coté Québécois sans que ceux-ci aient une carte de la CCQ ?
Pourquoi dans une petite communauté rurale, ou les travaux de construction sont minime, pourquoi faut-il que ce soit des gens de l’extérieur qui viennent effectuer les travaux ? Cela n’aide sûrement à garder les jeunes dans leur milieu.

La loi sur les relations de travail du Québec; ce que nous approuvons.
Pour nous la question des salaires et des avantages sociaux doit demeurer.
Nous croyons cependant que, au niveau résidentiel, ces salaires sont en partie responsables des prix élevés des maisons.
Nous croyons aussi que c’est une cause direct du marché au noir en région défavorisé. Comment un résident de Gaspé ou du Lac-Bouchette (Lac-St-Jean) peut-il se permettre d’engager un menuisier au taux horaires de $50 lorsqu’il en gagne seulement $15.= ?
5
La loi sur les relations de travail du Québec;ce que nous voyons comme solution au conflit Ontario/Québec
· Comme le permet déjà la Loi sur les relations de travail, l’application de celle-ci peut varier selon les régions ou les zones limitrophes.
· L’Entente de 1993, même si elle n’était pas parfaite, avait fait disparaître la situation que nous , résidents Québécois travaillant en Ontario, vivons présentement.
· Cette Entente reflétait ce qui existe ailleurs au Canada,
· La question des baisses de salaires qui agaçait les Québécois travaillant au Québec pourrait être protégée par la Loi sur les normes du travail et indexée.
· Créer une zone tampon de chaque coté de la rive de l’Outaouais afin de permettre aux citoyens qui y vivent depuis toujours de vivre en harmonie. Cette proposition fut adoptée par une grande majorité de municipalités ainsi que de plusieurs associations d’entrepreneurs en construction des deux cotés de la rivière.

Conclusion
Il est temps de réaliser que cette Loi Québécoise doit s’ajuster à la réalité d’aujourd’hui. Le Québec ne peut continuer à s’isoler et doit apparenter son régime de relations de travail à celui de ses partenaires provinciaux. Il ne peut continuer à s’aliéner ses voisins tout en refoulant son surplus de main-d’œuvre dans les autres provinces tout en percevant les impôts de ces travailleurs.

Ces travailleurs à qui l’on refuse le droit de travailler dans leur propre province à moins qu’ils écrivent un examen pour faire reconnaître leurs compétences. Nous sommes solidaires des demandes faites par les Ontariens car sans accès aux chantiers Ontariens, nous devenons tous chômeur Québécois. Nous trouvons normal leur demande d’accès aux chantiers Québécois,

Il faut tout de même être sérieux et se poser la question
Pourquoi ces travailleurs devraient-ils être fiers d’être Québécois ?
Pourquoi devraient-ils encourager les commerçants Québécois?
Pourquoi ces travailleurs qui apportent des revenus important dans la Province de Québec, devraient-ils faire les frais de politiques qui ne visent qu’a protéger les travailleurs demeurant et gagnant leur vie au Québec?

Ces Québécois qui se voient ainsi rejetés ne font sûrement pas de bons ambassadeurs pour la province de Québec.

Jocelyn Dumais
Président ADAT
C/C Benoit Pelletier lib. Député de Chapleau

La carte de compétence des travailleurs

Radio-CanadaRadio-Canada -19 décembre 2003, 14 h 40
La Cour du Québec décrète que l’obligation d’avoir une carte de compétence pour travailler dans l’industrie de la construction au Québec est légale.
Jocelyn7oct
Le juge Pierre Chevalier rejette ainsi la requête de l’entrepreneur Jocelyn Dumais qui prétendait que cette carte de compétence contrevient à la Charte des droits et libertés du Québec.
Le juge dit ainsi que la loi qui oblige les ouvriers de la construction à détenir un certificat de compétence pour travailler sur les chantiers du Québec est légale.

Jocelyn Dumais, qui a mis sur pied l’Association pour le droit au travail (ADAT), s’est dit très déçu de ce jugement.
M.Dumais, qui est entrepreneur sur des chantiers en Ontario, défendait ainsi le droit des ouvriers ontariens et québécois de pouvoir être embauchés librement sur les chantiers des deux côtés de la rivière des Outaouais. L’Ontario n’exige pas de carte de compétence.

M. Dumais avait embauché le célèbre avocat Julius Grey pour défendre sa cause devant le tribunal.
C’est la deuxième fois qu’il perd ce genre de cause devant le tribunal. La première fois, il contestait l’obligation d’être syndiqué pour être embauché sur les chantiers de construction au Québec.

Légalité des cartes de compétences:

Radio-CanadaConstruction– Légalité des cartes de compétences: Les cartes de compétence sont légales

Radio-Canada le 19 octobre 2001

La Cour suprême du Canada maintient le système de cartes de compétences dans le domaine de la construction au Québec. Dans un jugement partagé, à cinq contre quatre, la cour a rejeté la requête de l’Association pour le droit au travail, un groupe de l’Outaouais qui contestait la nécessité de détenir un certificat de compétence pour oeuvrer dans le monde de la construction.
L’Association pour le droit au travail tentait depuis dix ans de faire invalider la loi obligeant les travailleurs de la construction, au Québec, à être membre d’un syndicat pour avoir une carte de compétence.
Pour son président, Jocelyn Dumais, la décision rendue vendredi par la Cour suprême constitue une «demi-victoire», les juges ayant majoritairement conclu que l’obligation d’appartenance à un syndicat pour obtenir la carte de compétence constitue une violation du principe du droit d’association.14-02-2000jocelyn

La décision

La loi québécoise oblige en effet les travailleurs à devenir membres d’un des cinq syndicats de la construction pour obtenir une carte de compétence. L’Association faisait valoir que le droit d’association reconnu à l’article 2 de la Charte canadienne des droits implique en corollaire le droit de ne pas s’associer. Huit juges sur neuf se sont dit d’accord avec ce principe, seule Mme Claire L’Heureux-Dubé répondant par la négative.
Cinq juges ont par ailleurs répondu oui à la question de savoir si l’obligation de choisir un syndicat va à l’encontre du droit d’association.
Mais à la dernière question : cette restriction au droit d’association est-elle justifiée au regard de l’article premier de la Charte des droits?, cinq juges ont répondu par l’affirmative, maintenant donc intégralement l’ensemble de lois qui régit la représentation syndicale dans l’industrie de la construction au Québec. »

  • Identification et date
    Il s’agit de la décision R. c. Advance Cutting & Coring Ltd.,2001 CSC 70 rendue le 19 octobre 2001.
  • Historique de la décision: POURVOI contre un arrêt de la Cour d’appel du Québec, [1998] J.Q. no 4173 (QL), rejetant une requête pour interjeter appel d’un jugement de la Cour supérieure, [1998] R.J.Q. 911 (sub nom. Thériault c. R.), lequel infirmait le rejet de l’argument constitutionnel par le juge Bonin et sa déclaration de culpabilité aux offenses selon la Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d’oeuvre dans l’industrie de la construction. Pourvoi rejeté. Le juge en chef McLachlin et les juges Major, Bastarache et Binnie sont dissidents.
  • Les questions que la Cour devait trancher:
    Droit du travail
    — Industrie de la construction du Québec — Entrepreneurs accusés d’avoir embauché des travailleurs non titulaires des certificats de compétence requis par la législation sur la construction du Québec et personnes accusées d’avoir travaillé sans être titulaires de ces certificats — L’exigence que les travailleurs deviennent membres de l’un des groupes syndicaux énumérés pour obtenir des certificats de compétence est-elle inconstitutionnelle? — Charte canadienne des droits et libertés, art. 2d) — Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d’oeuvre dans l’industrie de la construction, L.R.Q., ch. R-20, art. 28-40, 85.5, 85.6, 119.1 et 120.
    Droit constitutionnel — Charte des droits — Liberté d’association — Entrepreneurs accusés d’avoir embauché des travailleurs non titulaires des certificats de compétence requis par la législation sur la construction du Québec et personnes accusées d’avoir travaillé sans être titulaires de ces certificats — L’exigence que les travailleurs deviennent membres de l’un des groupes syndicaux énumérés pour obtenir des certificats de compétence est-elle inconstitutionnelle? — La garantie de la liberté d’association comporte-t-elle le droit de non-association? — Charte canadienne des droits et libertés, art. 2d) — Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d’oeuvre dans l’industrie de la construction, L.R.Q., ch. R-20, art. 28-40, 85.5, 85.6, 119.1 et 120.
  • Extraits du résumé de la Cour:
    […]
     » Bien que, dans l’arrêt Lavigne [Lavigne c. Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario, [1991] 2 R.C.S. 211, [http://www.lexum.umontreal.ca/csc-scc/fr/pub/1991/vol2/html/1991rcs2_0211.html], les juges majoritaires de la Cour aient conclu à l’existence d’un droit négatif de non-association, ils ont aussi accepté la présence d’un fondement démocratique justifiant l’imposition de limites internes à ce droit. Une conception incapable d’intégrer des limites et des restrictions internes au droit de ne pas s’associer priverait l’individu des bénéfices découlant d’une association. La reconnaissance du droit négatif de ne pas s’associer ne permettrait pas de conclure que tous les cas d’association forcée emportent une atteinte à la garantie. Certaines formes d’association forcée dans le lieu de travail pourraient être compatibles avec les valeurs contenues dans la Charte et avec la garantie de liberté d’association. Il faut examiner la nature de l’engagement envers l’association. Dans le cas d’une forme de sécurité syndicale prévue par la loi, il faut également examiner de près la nature du régime législatif. »
    […]
    « Les appelants n’ont présenté aucun élément de preuve indiquant que la loi impose une forme de conformité idéologique ou menace un droit à la liberté protégé par la Charte, ce qui est nécessaire pour établir une atteinte au droit de non-association garanti par l’al. 2d). La preuve n’indique même pas si les syndicats participent à des causes et à des activités que les appelants désapprouvent. Il ne s’agit pas d’un sujet sur lequel la connaissance judiciaire pourrait et devrait remplacer la preuve appropriée au dossier, sauf si le fait d’adhérer à un syndicat constituait en soi la preuve d’une orientation idéologique particulière. Le fait bien connu que les syndicats participent à la vie publique au Canada ne démontre pas que chaque travailleur adhérant à un syndicat en vertu d’une disposition de sécurité syndicale devrait être considéré à première vue comme étant victime d’une violation de la Charte. Il faut laisser au processus politique le soin de régler la question en jeu dans le pourvoi. Une telle solution conserve l’équilibre dans l’application de la Charte et laisse la gestion légale des relations du travail au Parlement et aux législatures de même qu’aux parties aux conventions collectives. La gestion des relations du travail exige un exercice délicat de conciliation des valeurs et intérêts divergents. Les considérations politiques, sociales et économiques pertinentes débordent largement du domaine d’expertise des tribunaux. Cette démarche restrictive et prudente en matière d’intervention des tribunaux dans le domaine des relations du travail reflète une bonne compréhension des fonctions des tribunaux et de celles des législatures. Dans l’application de la Charte, elle évite également que tout genre d’action gouvernementale visant la protection des droits de la personne soit considérée, à première vue, comme une violation de la Charte qui doit être justifiée aux termes de l’article premier. »
    […]
    « La Cour est appelée à déterminer la validité d’un régime législatif complexe né d’une succession de tentatives, d’échecs et de déceptions. Au début du présent litige, cette loi représentait l’aboutissement d’environ 30 ans de travail législatif visant à créer un régime approprié de négociation collective dans l’industrie. Il faut faire preuve de beaucoup de retenue envers la législature, compte tenu des difficultés inhérentes à l’art de gouverner dans un environnement traditionnellement aussi conflictuel. L’intervention de la Cour risquerait d’affecter des composantes délicates d’un régime soigneusement équilibré et n’est pas justifiée dans les circonstances de la présente affaire. »
  • Localisation internet:
    La décision qui comporte 291 paragraphes se trouve à l’URL:

    Le juge en chef McLachlin et les juges Major, Bastarache et Binnie sont dissidents.

  • Références documentaires
    • Le jugement des juges majoritaires débute au paragraphe 53
    • Le juge L’Heureux-Dubé [par. 53 à 86]
    • Le juge LeBel J. (et les juges Gonthier et Arbour) [par. 87 à 280]
    • Les principaux points du plan du juge LeBel [Choix d’AJOUR/]:
      • Le contexte historique par. 117 et ss.
      • Le régime de relations du travail après la Commission Cliche par 134 et ss.
      • L’interprétation des dispositions régissant l’allégeance syndicale par.138 et ss.
      • La Charte et les relations du travail par. 156 et ss.
      • La Charte en tant que facteur négatif par. 163 et ss.
      • Liberté d’association – Ses sources par. 166 et ss.
      • La nature individuelle de l’association par. 175 et ss.
      • L’arrêt Lavigne par. 183 et ss.
      • Les valeurs démocratiques et l’association par. 203 et ss.
      • La liberté d’association et le rapport de travail par. 209 et ss.
      • L’historique des relations du travail par. 215 et ss.
      • La preuve de pression idéologique par 224 et ss.
      • Le droit comparé par.240 et ss.
      • La justification de la restriction par. 252 et ss.
      • La justification par. 259 et ss.
      • L’atteinte minimale et la pondération des effets par. 266 et ss.
    • Le juge Iacobucci [par. 281 à 291]
    • Le jugment des juges minoritaires (Bastarache, McLachlin, Major et Binnie) couvre les par. 1 à 52.

Prescott-Russel ne boycottera pas les québécois

LeDroit_LOGOs
Prescott-Russel ne boycottera pas les québécois

Radio-Canada – 27 avril 1999

Les comtés-unis de Prescott-Russell refusent de suivre le mot d’ordre lancé par le gouvernement  ontarien dans le dossier de la mobilité des travailleurs de la construction.

Les comtés-unis de Prescott-Russell vont à contre courant des autres municipalités ontariennes dans la guerre avec le Québec dans le dossier de la mobilité des travailleurs de la construction.

Ottawa, Cumberland et Nepean refusent de donner des contrats aux Québécois.

Le gouvernement ontarien doit présenter jeudi en chambre son projet de loi qui interdit l’attribution de contrats aux entrepreneurs en construction du Québec.

De son côté l’Association pour le droit au travail, l’ADAT, remettra  une pétition de 15 000 noms à la ministre du Travail Diane Lemieux.

Les signatures ont été recueillies au cours de la dernière semaine, auprès de gens qui souhaitent que l’Outaouais devienne une zone tampon où la réglementation de l’industrie de la construction s’harmoniserait avec celle de l’Ontario.